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| Passage radio inconnue: aide demandée | vendredi, 28 septembre 2007 |
Nous avons eu visiblement un passage sur une radio hier soir entre 21h30 et 22h mais nous ne savons pas laquelle ;-) Si quelqu'un a cette info, ça serait très sympa, ça nous permettrait de la mettre dans notre revue de presse.
Merci pour votre aide et bonjour à tous ceux qui nous ont rejoint hier soir ;-)
Note du 29: Merci à Oceano pour l'info, c'était sur le Mouv dans cette émission.
08:30 Publié dans retombée presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dilelui, radio, amour, rencontre, retrouvaille, coup de foudre
| Un amour qu'on oubliera jamais... | mardi, 25 septembre 2007 |
Voici ci-dessous une nouvelle que vient de nous envoyer Bruno, belle et émouvante, qui parlera sans doute à plusieurs d'entre vous.
Merci Bruno d'avoir accepté que nous la publions.
« Son prénom résonne, une ville oubliée sous le soleil. Serait-elle l'exaltation d'un regret admirable ? »
Depuis peu j’avais franchi le cap, l’écume aux lèvres, prêt à en découdre pour gravir mon Everest : devenir photographe professionnel. Les débuts étaient difficiles ; quelques reportages, des photos de mariage, du tirage noir et blanc que j'effectuais la nuit, dans ma cuisine aménagée en laboratoire. Aussi quand Paloma - propriétaire d'une boutique photo dans le quatorzième arrondissement - m'avait proposé d'assurer ses permanences hebdomadaires, j’avais dit oui.
Hôpital Saint-Joseph, hôpital Saint-Antoine, deux autres sites encore dont je ne me souviens pas des noms, et la tour Pleyel. A Saint-Denis. La tour en ferraille dégueulait de rouille à certains endroits, les terrains qui l'entouraient étaient en friche et le décor alentour désespérant à pleurer : rues grises, anonymes, petites maisons ternes repliées sur elle-même et au loin, barrant l'horizon comme une chaîne de montagnes, les grandes tours.
Pourtant je ne pouvais m'empêcher de trouver un certain charme à la galerie où je travaillais le midi ; toute en longueur, ses grandes baies vitrées longeaient un jardin intérieur. Les rayons du soleil parsemaient de taches de lumière ce passage étroit et sombre.
J'ai installé mes présentoirs sur une table, je me suis assis avec, à mes pieds, une valise ouverte sur un lot de pellicules et j'étais prêt.
C'était un boulot tranquille, deux heures permanence pendant la pause du midi. Sur ma gauche je pouvais voir les clients venir à moi ; ils surgissaient dans les rayons du soleil, apparitions lumineuses et fantomatiques, avant d’être de nouveau englouti dans l’obscurité.
Détendus, les employés de bureaux venaient par petits groupes. Je prenais plaisir à leur parler ; quelques mots, un sourire, un au revoir et à la semaine prochaine.
Certaines femmes revenaient déjà de congés. Elles étaient bronzées et quant elles déposaient leurs clichés sur la table, elles amenaient avec elles comme un parfum de vacance.
Il y a eu un blanc entre deux groupes de clients. Puis un homme est arrivé. Tout d'abord, je n’ai vu que lui. Il a déposé ses pellicules sur la table. J’ai ouvert une pochette et pendant qu'il comptait ses films et marquait son nom, j'ai regardé derrière lui. Et je l'ai vu… ELLE.
Les clichés perdurent dans le temps, et dans un certain sens, ce n'est que justice. Parce que les clichés sont justes. Quand un homme dit d'une femme «je n'ai eu d’yeux que pour elle» c'est probablement la façon la plus banale et la plus juste de dire que, dix ans plus tard, parmi la centaine de visages vu pendant ces permanences, le seul dont je me souvienne – «comme si c'était hier», autre cliché – c’est celui de Florence.
Illuminé par la lumière en contre - jour, son corps mince se découpait de profil sur la pénombre. Son regard lisait le sol.
Je me souviendrais toujours de ses cheveux blonds et du geste qu'elle a eu quand elle les a rejeté en arrière. Elle m'a regardé. Regard franc et, en même temps, corps de profil. Comme si elle tenait malgré tout à garder une certaine réserve.
Je me suis souvenu d’une phrase : « Il faut être forte pour montrer ses faiblesses. » Elle aurait pu parler d’elle.
L’homme et l’inconnue blonde sont repartis côte à côte. Je me suis demandé s'ils étaient ensemble. A la façon dont elle se tenait en retrait, comme si les photos de cet homme ne la concernaient pas, j'en ai déduit que non.
Je suis retourné toutes les semaines à la tour Pleyel ; j’espérais revoir l’inconnue blonde, lui parler, la connaître.
Le mois de juillet touchait à sa fin, c'était ma dernière permanence. Je n'avais pas revu l’inconnue. La permanence terminée, un goût de frustration dans la bouche, j’ai rangé mes affaires.
« Vous avez fini ? » J’ai relevé la tête et je l'ai vu. Le soleil m’a paru d’un seul coup plus lumineux. Le son de sa voix, ses yeux bleus grands ouverts, son corps et ses merveilleux cheveux blonds, je me suis rempli d’elle. Il me semblait que je la connaissais déjà. Que nous nous étions déjà vus. Avant. Mais je savais que c'était faux - juste une sensation de déjà vu.
« Vous avez fini ? A répété l’inconnue blonde.
- Heu… oui. Enfin, ça dépend !
- Je voulais juste une pellicule.
- Pas de souci, j'ai répondu en désignant la valise ouverte à mes pieds. 24 ou 36 poses ? »
Elle a répondue 36 poses. Elle a cherché de l'argent dans ses poches et pendant qu'elle comptait, tête baissée, j'ai hésité... Dernière permanence, dernière chance. Je me suis lancé
« Je voulais vous demander... Vous seriez d'accord pour faire des photos avec moi ? »
Elle a relevé la tête, intriguée.
« Quel genre de photos ?
- Des portraits, en noir et blanc, à la campagne. Ça vous dit ? »
Elle a répondu que : oui, ça peut m'intéresser.
« Bien, je vous donne mon téléphone et vous m'appelez. Quand vous voulez. » Je lui ai tendu ma carte.
« C’était ma dernière permanence aujourd'hui.
-.Alors j'ai bien fait de venir. » Elle m’a dit ça, les yeux dans les yeux, grave et lumineuse à la fois. Forte et faible.
Juillet fini, Pamela m’a demandée d’assurer tout le mois d’août. Ravi, je l'étais ; j'ai donc dit oui.
J’ai revu Florence – c’était son prénom.
Nous avions pris l’habitude de nous voir à chaque permanence. A ma dernière permanence, elle a pris un quart d'heure sur son temps de travail et nous nous sommes promenés. Dans les terrains vagues, tout autour de Pleyel.
Elle marchait à mes cotés. Parfaitement sereine. Rien ne semblait pouvoir l’atteindre. Elle appréciait notre promenade malgré ce décor triste et sans vie.
Nous échangions quelques mots sans importance ; l'essentiel était d’être ensemble. Je lui jetais de rapides coup d’œil. Ce décor grisâtre la magnifiait, faisait ressortir sa lumière et toute la vie qu’elle amenait avec elle. Elle me souriait et les terrains vagues de Pleyel n’existaient plus. Je ne voyais qu’elle et la grâce qu’elle apportait à chaque chose. Elle était la vie. Simple. Sereine.
Quand je l'ai embrassé sur la joue, tout contre moi, j’ai senti sa taille se ployer, sa chaleur parfumée m’envelopper, et puis toute sa douceur de femme.
Une semaine plus tard, à la terrasse d’un café, je lui ai montré mon travail, un modeste book avec quelques photos d'actrices et de mannequins débutantes.
Je parlais, je parlais, il faisait beau, et il y avait ces photos entre nous. Comme un trait d’union encore fragile. Penchée sur moi, elle m’écoutait, silencieuse, les yeux grands ouverts, une petite fille attentive et toute entière tournée vers moi. Je me suis arrêté de parler et je lui ai demandé : « ça fait longtemps que je te parle ?
- Pardon ? » Elle a froncé les sourcils.
Pendant quelques instants, j’avais perdu la notion du temps. Je m’étais immergé dans son regard, troublé par l’attention qu’elle me portait et je ne savais plus…
« Non, rien, rien. Et qu’est ce que je te disais ?... »
Je l’ai raccompagnée à une bouche de métro. Nous avons pris rendez vous pour notre séance photo et avant de se séparer, j’ai voulu l’embrasser. L’instant d’avant je ne voulais pas et en me penchant sur elle, je n’avais pas su résister. Elle m’a repoussé fermement. Sans brutalité mais avec fermeté. Cela venait trop tôt. Elle n’était pas une fille facile, je venais de l’apprendre. Je me suis retrouvé comme un idiot, tête baissée, sans un mot et pourtant je ne lui en ai pas voulu. Au contraire. Juste avant de s’engouffrer dans les sous sols parisiens elle m’a dit : « Pour les photos je viens avec une amie. Elle me maquillera. »
Devant mon air étonné elle a rajouté : « Mais elle restera dans la voiture. De toutes façons, je préfère qu’elle soit là. »
Je n’ai rien dit. Mieux, je lui ai souri ; elle me plaisait de plus en plus.
Le jour prévu, nous nous sommes retrouvés tous les trois dans ma voiture. Florence se voulait accompagnée, un reste de méfiance. Ça me faisait sourire ; j’avais tellement peur de la force de mes sentiments et c’était elle qui se protégeait. Nous avons gentiment discuté tout le temps du voyage.
Nous nous sommes arrêtés devant un champ. C’était ça, ma campagne, mon coin idyllique : un modeste pré bordé d’arbre, près de Corbeil dans l’Essonne. Toutes les deux, elles ont rigolées. Moi aussi.
Il était convenu que son amie reste dans la voiture. Nous sommes partis, Florence et moi, mon sac photo en bandoulière.
« Oui, vas-y, tu te mets comme ça et tu me regardes. »
Docile et inexpérimentée, elle se laissait diriger. Une douce lumière en contre-jour auréolait ses cheveux blonds. Elle portait un gilet gris très ajusté. Je lui ai dis : « Ouvre. Pour voir ! »
Elle a souri, complice, comme si elle était d’accord depuis le début. Un soutien-gorge est apparu.
J'ai fait la grimace.
Elle m'a regardé : « Je l’enlève? »
J’ai fait oui de la tête et je me suis retourné. Je voulais ressentir le choc de sa poitrine nue quand je la découvrirai.
Elle m’a dit : C’est bon, je suis prête. Je me suis retournée et je l’ai découverte, mince avec de belles épaules et une poitrine toute ronde, toute ferme.
Je l'ai photographié encore et encore, émerveillé de la voir s’épanouir dans la chaleur de l’été. Son sourire venait rythmer notre après midi et c’était comme cela n’avait jamais été auparavant. Pas de séduction inutile, non, juste deux personnes qui se reconnaissent… Enfin.
Je modifiais un geste, un port de tête, une expression. Ce n'était pas très bon mais cela n'avait pas une grande importance. J’étais heureux d'être là, avec elle. Un vent doux nous enveloppait, le soleil diffus soulignait son corps délicat, et son regard était pour moi.
Un moment de pur bonheur. De temps suspendu.
Soudain, elle s’est assise. Torse nu, elle a replié les jambes sous elle. J’ai vu des larmes affleurer soudainement dans ses yeux. Elle a secouée la tête : «Toi, il n'y a que tes photos qui t’intéressent, n'est-ce pas ? »
Le ton de sa voix était devenu amer, dur, provoquant. Ses larmes ont coulé. Je me suis approché, je me suis agenouillé prés d’elle. Elle pleurait.
« Ma mère vient de mourir d’un cancer et toi, tu es là, et tu me photographies. Il y a que cela qui t’intéresses, n'est-ce pas ? »
Sans trop savoir pourquoi, ma main a effleurée sa poitrine. Elle n'a rien dit. Elle m’avait touché avec ses mots, je l’ai touché avec mes mains. Je regardais ses yeux mouillés, son buste mince serré sur ses jambes. Repliée sur elle-même, elle me cachait son corps mais elle me dévoilait son âme. Son malheur.
Je n’ai rien dit – qu’est ce que je pouvais dire ? Elle n’a pas réagi.
J’ai retiré ma main. On s’est regardé. Elle essayé de me sourire. Sourire tremblant et mouillé mais sourire quand même. De nouveau complice. Nous avions ce pouvoir là, être heureux ensemble malgré son chagrin et son amour désespéré pour sa mère.
La vie continuait. Elle m’avait parlé de la mort de sa mère pour me toucher, me provoquer, voir comment j’allais réagir… Elle restait une femme à séduire malgré son chagrin.
La séance s’est terminée. Le soir tombait, nous nous sommes dirigés vers la voiture. Elle marchait à mes côtés, et c'est ce dont je me souviens le mieux, sa présence à mes côtés. Elle et moi, silencieux et si proches, l’odeur d’herbe chaude, les arbres frais et obscurs, penchés sur nous… Toute la magie d’un soir d’été.
Je l'aimais. Sans savoir qui elle était, sans même l’avoir embrassé, je l'aimais. Déjà.
Ce n’était pas la plus belle femme, non, mais c'était bien plus que cela : elle était celle que j'attendais.
Nous sommes séparés devant la tour Pleyel. Son amie m’a dit au revoir puis s’est tournée vers elle : « Je t'attends dans la voiture. » Elle nous a laissé comme si il était évident que nous devions rester seuls pour nous dire au revoir.
Florence m’a regardé. Droit devant. J’y ai vu comme une invite, je l’ai saisi à la taille. Proximité de nos corps. Elle n’a pas dit non.
« Je serais absente pendant quinze jours. Un voyage, mes vacances en fait ». J'ai juste haussé les épaules comme si je ne lui en voulais pas. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de répondre : « Quinze jours sans te voir, ça va être long! »
J’ai serré sa taille plus fort. Elle n’a pas cherchée à se dégager : « C’est un voyage prévu de longue date. On se revoit dés mon retour »
Elle a eu un petit sourire, comme si elle s'excusait de ne pouvoir faire autrement. J’ai compris alors qu'il y avait quelqu'un dans sa vie. Je l’ai serré, plus proche, enfoui dans sa chaleur et son odeur. Et je l'ai embrassé. Quatre bises sur les joues, la dernière en partie sur la bouche. Sourire provocant de ma part, j’ai dit : « Il ne fallait pas ? ». Elle a secoué la tête, réservant sa réponse, puis elle est partie.
Quinze jours. Ces quinze jours sans elle se sont écoulés lentement. Inexorables et lents.
Je contemplais mon appartement d'alors. Triste et sombre, il souffrait de la comparaison avec Florence. Je n'avais que cela lui offrir, un appartement sombre et humide, et quelques portraits d'elle en noir et blanc. Ses planches contact trônaient sur la table, rendant son absence encore plus pénible, sa beauté encore plus incongrue dans cet appartement minable. Moi qui voulais l'éblouir, je n'avais rien pour la mériter. J’ai médité là-dessus jusqu’à m’en rendre malade.
Et à l’impatience de la revoir, a succédé la colère. Me voir tomber amoureux d'elle, alors qu’il y avait déjà un autre homme dans sa vie (je le pensais) un appartement chic et clair qu’ils devaient partager (je l’imaginais) et moi, je n'avais rien. Ou si peu. Quel con d’espérer ! J’avais oublié les confidences sur sa mère, la confiance qu’elle mettait en moi, tous ses regards et tout ce temps passé ensemble…
Je ne voyais que son absence. Et le fait qu’elle m’ait laissé.
Quinze jours plus tard, jour pour jour, je l'ai appelé. Un soir, tard. J'ai entendu sa voix à travers le combiné.
« Florence ?
- Oui ?
- C'est moi, c’est Bruno. »
Sa voix a baissé d’un ton, quelque peu gênée : « On… je viens juste de rentrer.
- Excuse-moi, je te rappelle. » J’ai raccroché.
Au « On est rentré…», j’ai compris qu’elle n'était pas seule. J'ai compris aussi qu’elle ne lui avait pas parlé des photos.
Elle m'a rappelé le lendemain. Était-elle plus aimable ? Sans doute, je m'en souviens plus.
Avant notre rendez-vous, l'avant-dernier de notre aventure, j'étais toujours en colère. Encore plus en colère. Qu’est ce que j’espérais d’elle ? Et elle, qu’attendait elle de moi ? En outre, nous avions parlé de faire des photos érotiques. Et, mon Dieu, il n'était pas question de se faire accompagner par un chaperon ce soir là. Et nous serions bien seuls. Et elle avait bien dit « érotique ».
Mais derrière cette colère, née de son absence, le vrai mot s’appelait peur…J'avais peur de l’aimer, peur de m'attacher, peur qu'elle me quitte, peur de souffrir. Peur, peur, peur.
Juste avant notre rendez-vous, dans un kiosque à journaux j'ai vu le dernier numéro de Playboy. Avec en couverture Rosanna Arquette, nue.
J’étais tombé sous le charme de cette actrice blonde, aux yeux bleus, au corps mince, si craquante dans « Recherche Susan Désespérément ».
J'ai voulu acheter le magazine, découvrir enfin le corps de cette actrice, nu sur papier glacé. J'ai voulu mais je ne l'ai pas fait. Il me semblait qu’en allant plus loin, je casserais l’image que je me faisais d’elle. Que la réalité salirait cette part d’innocence et qu’il valait mieux que certains rêves restent des rêves. Florence…
Je l’ai attendu devant un cinéma des Halles. Par hasard, j’ai croisé une vague connaissance ; nous avons bavardé en l’attendant.
De loin j’ai vu Florence arriver. Elle souriait, semblait sincèrement heureuse de me revoir. Comment pouvait elle être si froide au téléphone et si souriante devant moi? Et ces quinze jours de vacance au soleil avec cet homme dont elle partageait la vie, que valaient-t-ils pour elle ? Qui était elle vraiment, une femme qui se moque et qui attendait juste de moi quelques portraits satisfaisant sa vanité ?
Je me suis absorbé volontairement dans la conversation avec cette autre femme, que je connaissais à peine, et quand Florence nous a abordé, souriante et impatiente, je lui ai dis froidement, comme pour cacher tout ce que le voulais lui montrer : « Je termine et j’arrive».
Florence a tourné la tête, comme blessée. Elle s'est absorbée dans la contemplation d’une devanture de magasin. Elle s’est détournée de moi.
Comment s’est passé ce rendez-vous ? Mal, certainement très mal. A vrai dire je ne m’en souviens plus. Ou peut être que ma mémoire l’a effacé ?… Mauvais souvenir.
Nous sommes revus une dernière fois, dans un café du quatorzième arrondissement. Il faisait beau, elle portait une courte jupe comme pour se faire regretter. Je lui ai donné les photos que je lui devais et juste avant que l’on se sépare, elle m’a dit, d’un air de défi : « On les aurait fait, ces photos érotiques, tu sais, j'étais d'accord. »
Elle m’a tourné le dos puis elle est partie. Comme ça, sans se retourner. J’ai eu la sensation d’un immense gâchis.
Douze ans plus tard…
Je suis dans la salle de jeux de la maison que ma compagne et moi venons d'acheter. Dans le jardin, ses enfants jouent avec les miens. Christel, ma compagne, lit, allongée sur l’herbe. Il fait beau, chaud. Je range vaguement la salle de jeux, une salle immense aux poutres apparentes. J’empile des cartons les uns sur les autres. Je suis devenu commercial, père de deux enfants, séparé de leur mère et, avec le temps, j'ai oublié ces photos.
Un carton baille, à moitié ouvert. Je m’approche… Brillantes et intactes, les photos de Florence trônent sur un paquet de photos. Je les saisis et mon passé me rattrape. Je revois la tour Pleyel, la silhouette mince de Florence, ses cheveux blonds, son sourire hésitant. Puis la séance photo, ses larmes et l'odeur d’un soir d'été… Tout ce que je croyais avoir oublié me revient en mémoire. Soudain la salle de jeux me paraît étouffante, j’ai du mal à respirer.
Je saisis une loupe et je tente de découvrir, pathétique, les moindres détails de cette séance : la position de ses mains tandis qu’elle tripote un brin d’herbe, une chaîne que je n’avais pas remarquée autour de son cou et puis, sur son buste nu, ma veste en Jean’s. Je lève les yeux et je la vois, cette vieille veste en Jean’s, toujours là, accrochée sur un cintre face à moi. Je voudrais m’en approcher, l'enfiler, sentir sur moi l'odeur, la caresse du corps nu de Florence. Je voudrais mais à quoi bon !
Je comprends, à ce moment, que le passé est mort. Foutu. Disparu à jamais. Les larmes me montent aux yeux. J'étouffe et j'ai peur de mourir. Par la fenêtre, je vois nos enfants qui jouent ; vivants et étincelants, ils sont la négation du passé. Ils sont la vie.
Je descends les rejoindre. Christel, blonde et mince, me voit arriver. Elle voit un homme à la quarantaine désemparée, les larmes aux yeux. Elle pose son livre, vient près de moi.
« Ça va ? »
Je la regarde. Ses yeux bleus, inquiets, sont posés sur moi. Elle porte un haut de maillot de bain sur son buste bronzé et un short ajusté. Oui, on peut aimer une femme tout en regrettant une autre. Maintenant, je le sais.
« Ca va ? » Je lui réponds que oui, enfin non. Je lui explique tout. Elle m’écoute, attentive, une main posée sur mon épaule. J'ai fini, je lui ai tout dit, tout lâché. Sa main glisse de mon épaule sur ma joue puis elle me dit : « Ca fait beaucoup de regrets à supporter, non ? »
Je ne réponds rien, je ne sais pas. Elle part vers la maison avec un petit sourire. Juste avant qu'elle rentre, elle me regarde et hausse les épaules, l’air de dire : je sais, je sais mais c’est comme ça…
Les enfants passent en vrombissant. Il est question d’organiser dans les champs une chasse aux trésors - nous habitons la campagne – et ils partent en courant, heureux et libres.
Et moi je reste seul, perdu sous ce ciel immense. Seul et perdu, à quarante ans, avec ma mémoire en ruine. Qu'est-ce que je peux faire, qu'est-ce que je peux y faire?
J'ai rencontré cette femme qui me rend heureux aujourd'hui et, d'une certaine façon, je le dois à Florence. A notre rencontre gâchée, au bonheur qui me tendait les bras et que je n’avais pas su saisir. Aussi, quand j'ai rencontré Christel, je n’ai pas hésité. Et, quoiqu’il en coûte, je l’ai suivi. J'ai quitté ma femme, la mère de mes enfants, le confort de l'appartement parisien et une vie confortable, tranquille. Je n'avais pas voulu « rater » ma chance avec Christel.
Mais sous ce ciel bleu qui se moque de moi, de mes souffrances inutiles, je ne peux m’empêcher de regretter ces quelques moments de faiblesses - ma lâcheté envers Florence. Sans cela, que serait-il passé ?
J’ai haussé les épaules. On ne refait pas l'histoire - encore un cliché à la vie dure - et j’ai rejoint Christel dans notre maison.
Le ciel reste bleu, malgré nos lâchetés quotidiennes, et la vie continue. Son cours est immuable.
Bruno a bien sûr déposé un SmOS sur dilelui. Tenez nous au courant Bruno.
10:32 Publié dans témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, rencontre, retrouvaille, dilelui, SmOS
| Appel à témoins | mercredi, 12 septembre 2007 |
Suite à notre dernier appel à témoins envoyé hier auprès des derniers inscrits ayant déposé un SmOS pour vous permettre de raconter votre expérience dilelui à différents média, nous avons déjà reçu plus de 50 réponses positives :-) avec de très belles histoires à la clé.
Merci beaucoup à tous pour votre aide!
Tout le monde ne pourra bien sûr pas être interviewé. Mais nous vous répondrons tous un par un et peut être que si nous avons le temps nous ferons un zoom sur le blog sur chacun d'entre vous. Vos témoignages sont trop beaux.
Nous vous demandons juste un peu de patience, cela prend beaucoup de temps surtout en ce moment à la veille d'un évènement majeur pour nous et donc aussi pour vous ;-)
Une nouvelle fois, merci!
14:46 Publié dans retombée presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : témoignages, dilelui, amour, rencontre, coup de foudre
| On voyage dans le monde entier avec dilelui | mardi, 04 septembre 2007 |
Depuis quelques jours nous avons beaucoup de SmOS concernant des recherches de français vu à l'étranger sur des lieux de vacances.
Alors pour faire rêver ceux parmi d'entre vous qui ne sont pas partis voici la liste des pays où des coups de foudre sont arrivés
Algérie Allemagne Argentine Belgique
Canada Égypte Espagne Grèce
Guadeloupe Guatemala Israel Italie
Luxembourg Mali Maroc Martinique
Mexique Portugal Royaume-Uni Russie
Sénégal Tunisie Turquie
Tous ces SmOS sont consultables dans la rubrique à l'étranger.
Les TGV fonctionnent bien aussi en ce moment ;-)
16:55 Publié dans Nouvelle fonction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dilelui, à l'étranger, smos, amour, rencontre, coup de foudre
















